Jacob DUCK (Utrecht 1600 – 1667)

La partie de tric-trac

Panneau de chêne, une planche, non parqueté
49 x 64,5 cm
Au revers une étiquette du XIXe siècle en français

Estimation

30 000 / 40 000 €

Date et lieu de vente

4 mars 20263 - Bordeaux

Fiche descriptive

Jacob Duck, peintre originaire d’Utrecht, spécialiste des scènes de genre, se distingue par ses représentations minutieuses de la vie quotidienne, notamment des soldats et des tavernes. Ses compositions, d’une grande précision dans les détails des costumes et des intérieurs, traduisent l’influence de l’école d’Utrecht et du caravagisme, tout en annonçant un certain réalisme bourgeois typique de la peinture hollandaise du XVIIᵉ siècle. Moins connu que certains de ses contemporains comme Gerrit Dou ou Pieter Codde, Jacob Duck n’en demeure pas moins un témoin précieux des mœurs et de l’atmosphère de son temps. Sujet préféré du peintre dans les années 1630, nous citons deux autres tableaux représentants des Joueurs (voir N. Salomon, Jacob Duck, Gand 1998, n° 16, f°102 et n° 15, f.104, panneau, 34 x 39 cm, localisation inconnue ; toile, 46,5 x 37,5 cm, localisation inconnue). A l’instar des parties de cartes, autre thème privilégié par les peintres du Siècle d’Or, la scène de notre tableau occupe une place singulière, à la croisée du divertissement, de la morale et de la représentation sociale. L’artiste se montre ici attentif à la vie quotidienne et s’empare du jeu comme d’un thème familier pour représenter la sociabilité, la détente, mais aussi les tensions et les rivalités de la société. Le tableau se construit comme une scène vivante, pleine de psychologie : regards échangés, gestes calculés, tricheries suggérées. Derrière le simple plaisir du jeu se cache un message aussi social. Le jeu réunit toutes les classes : bourgeois, soldats, femmes élégantes ou musiciens. Techniquement, notre tableau témoigne du réalisme minutieux propre à la peinture hollandaise. Les textures des tissus, la lumière sur les visages, les objets du quotidien (les cruches, la pipe, les instruments musicaux) sont rendus avec un soin extrême. Ce réalisme donne à la scène une vérité immédiate, tout en invitant le spectateur à lire entre les lignes : la banalité du quotidien se charge d’un sens moral et poétique. Dans une société protestante marquée par la valorisation du travail et de la mesure, le peintre rappelle les dangers du jeu : perte de temps, excès, tentation de l’argent facile. Le jeu devient ainsi le symbole de la vanité humaine, de la frivolité, voire du désordre moral.

Maison de vente

Maître Yann BARATOUX
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