Fiche descriptive
Cette scène dramatique et théâtrale de saint Sébastien soigné par sainte Irène et sa servante est reprise deux fois par Furini (G. Cantelli, Francesco Furini, Pontedera 2010,
n° 74 et 75, reproduits). Notre tableau, inédit, présente deux variantes frappantes par rapport aux toiles de Bordeaux et Lucerne : la flèche ensanglantée par terre à coté du vase, instrument du martyr et la plaie sur le bassin du saint.
Originaire de Florence, Furini étudie sous la tutelle de Matteo Rosselli avant d’intégrer l’Accademia del Disegno de Florence, s’imposant comme un artiste distingué à la cour des Médicis. Ses œuvres se caractérisent par une élégante sensualité et l’usage d’un clair-obscur subtil, influencé à la fois par le maniérisme reçu dans sa formation et par le naturalisme caravagesque qui dominait l’époque.
Artiste qui se distingue par sa manière de représenter le corps, il idéalise notre Sébastien qui est représenté jeune, la peau lisse, loin d’une représentation réaliste de la souffrance. Les muscles ne sont pas exagérément marqués, à la manière des Napolitains et des disciples de Ribera, ce qui renforce une impression de douceur. Le clair-obscur est ici utilisé pour créer une atmosphère intime. Les fonds du tableau sont sombres, presque noirs, ce qui fait ressortir la peau claire du saint. La lumière se concentre principalement sur le torse et le visage, guidant le regard du spectateur.
Ce procédé rappelle certaines œuvres du Guido Reni, qui a lui aussi peint plusieurs Saint Sébastien (par exemple le tableau conservé au Louvre) baignés d’une lumière douce et idéale.
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