École romaine vers 1650

Portrait d'un peintre à sa palette

Toile rectangulaire, anciennement ovale
65 x 58 cm
Restaurations

Estimation

20 000 - 30 000 €

Date et lieu de vente

Antique et Classique Vendredi 5 décembre 2025 – 14h Drouot - salle 5

Fiche descriptive

Ce portrait représente un artiste, son instrument de travail à la main, le regard fixe en direction du spectateur. L’attention des peintres pour les portraits d’artistes au cours du XVIIe siècle, s’inscrit dans une quête plus générale d’une peinture fidèle et attentive à la vérité des choses qui connait son apogée dans la Rome d’après Caravaggio. Au XVIIe siècle, Rome est le cœur battant de la création artistique européenne. Des peintres venus de toute l’Italie, de France, d’Espagne et des Flandres s’y installent pour étudier l’Antique, rencontrer des mécènes et affirmer leur talent. Dans ce contexte, le portrait d’artiste devient un moyen d’expression de la personnalité, du statut social et du rôle intellectuel de l’artiste. L’artiste n’est plus un simple artisan, mais un homme d’esprit comparable au poète ou au savant. L’Autoportrait du Cavaliere d’Arpino (vers 1600, Galleria degli Uffizi, Florence) montre le peintre dans une posture noble et fière, vêtu à la mode des gentilshommes, regard assuré : l’artiste revendique son rang dans la société. Ce type de représentation s’oppose aux portraits d’artisans du XVIe siècle, plus modestes, comme ceux des ateliers florentins. Au début du siècle, le Caravage bouleverse la peinture romaine par son réalisme cru et son usage dramatique de la lumière. Dans son David tenant la tête de Goliath (vers 1609-1610, Galleria Borghese, Rome), le visage de Goliath est un autoportrait du Caravage lui-même. À l’inverse, les artistes classiques de l’école de Bologne, tels que Guido Reni ou Domenichino, préfèrent une idéalisation élégante. L’Autoportrait de Guido Reni (vers 1630, Uffizi) présente un visage doux, serein, presque intemporel : l’artiste est une figure d’harmonie et de grâce, non un individu tourmenté. Ces deux tendances – le réalisme introspectif du Caravage et l’idéalisme classique de Reni – illustrent bien la diversité du portrait d’artiste à Rome. Notre tableau s’inscrit dans cette tendance : le modèle, qui ne renie pas ses origines (la pauvreté de son couvre-chef, la simplicité de sa chemise), il devient créateur inspiré et figure intellectuelle.

Maison de vente

GIQUELLO
Antique et Classique
Vendredi 5 décembre 2025 – 14h
Drouot – salle 5