Antoine VESTIER (Avallon 1740 - Paris 1824)

Portrait d’Isabelle Depestre, comtesse de Seneffe

Toile
79,5 x 62 cm
Signé et daté à droite Vestier / Pictor Regis / 1785
Restaurations

Estimation

30 000 / 40 000 €

Date et lieu de vente

17 juin 2026 - Paris, Hôtel Drouot

Fiche descriptive

Provenance :
Collection du modèle ;
Resté dans la famille jusqu’en 1851 ;
Collection John Wilson ;
Vente Wilson, Paris, Hôtel Drouot, 28 avril 1874, n°40 ;
Vente Wilson, Paris, avenue Hoche, 16 mars 1881, n°22 ;
Chez Brame, Paris ;
Collection Lafitte.

Bibliographie :
A-M. Passez, Antoine Vestier, Paris, 1989, n°46, reproduit.

Isabelle Claire Gogels (1727 – 1788), est la fille d’un banquier anversois qui avait fait fortune dans la Compagnie impériale des Indes. Elle épouse en 1757 Julien Depestre, ensuite comte de Seneffe et de Turnhout, un richissime homme d’affaires, dont elle a sept enfants. Les époux deviennent en 1758 propriétaires de la seigneurerie de Seneffe (Belgique) et entreprennent la construction du château du même nom. D’autres seigneureries sont acquises par la suite.
A la mort de son mari, Isabelle Depestre, usufruitière de Seneffe, continue d’embellir la propriété qu’elle transmet ensuite à son fils aîné, Joseph.

Ce portrait est le premier que Vestier peint pour la famille Depestre. Entre 1785 et 1791, il fait cinq autres portraits des membres de cette famille influente tant par sa fortune considérable que par les charges importantes qu’elle occupe. Apparentée à l’intendant Foullon, elle apporte une intéressante clientèle à l’artiste.

Une réplique est conservée dans une collection française (voir Op. cité supra, n° 47, reproduit).

Antoine Vestier quitte sa Bourgogne natale en 1759, soutenu par la famille de Chatellux qui a remarqué son talent. Sa première œuvre est une Ascension pour l’église Saint Julien d’Avallon. Le peintre s’est formé seul et il est nécessaire qu’il se trouve un maître à Paris. Il étudie dans l’atelier de Jean – Baptiste Pierre, mais se tourne très rapidement uniquement vers l’art du portrait. Il connait d’abord ses premiers succès comme miniaturiste et peintre sur émail, ainsi que pastelliste.
A l’époque les portraitistes en vogue sont Duplessis, et surtout Roslin qui travaille pour la cour. Ainsi que Greuze, que Vestier connait par les expositions, qu’il copie, et qui a une influence marquante sur l’œuvre du jeune peintre.

Bien que reçu tardivement à l’Académie, en 1786, Antoine Vestier se constitue rapidement une clientèle parmi la petite noblesse et la bourgeoisie, qui le connait par les œuvres qu’il expose au Salon de la correspondance.
La décennie 1782 – 1792, est celle de ses plus grands tableaux. La Révolution, avec une réduction importante de sa clientèle, porte un coup fatal à sa carrière.
En tant que portraitiste, Vestier s’attache à rendre l’individualité de son modèle, plutôt que de représenter une classe sociale. Seuls quelques accessoires bien choisis contribuent à le situer sans distraire le spectateur. La physionomie est réaliste. Le rendu des vêtements, l’attitude générale sobre, apportent une impression de grande élégance. Un de ses plus importante portrait qui marque le sommet de l’art de Vestier, est le Portrait du chevalier de Latude, peint en 1789 et conservé aujourd’hui au musée Carnavalet (voir A-M. Passez, Antoine Vestier, Paris, 1989, n° 83, reproduit). Nos deux portraits datés 1785 et 1787, appartiennent à cette période où Antoine Vestier est à son apogée.

Maison de vente

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