Fiche descriptive
Provenance :
Collection du modèle ;
Resté dans la famille jusqu’en 1851 ;
Collection John Wilson ;
Vente Wilson, Paris, Hôtel Drouot, 28 avril 1874, n°41 ;
Vente Wilson, Paris, avenue Hoche, 16 mars 1881, n°23 ;
Collection Lafitte.
Bibliographie :
A-M. Passez, Antoine Vestier, Paris, 1989, n°61, reproduit.
Fils de Julien Depestre et d’Isabelle Gogels, Joseph Depestre (1757 – 1823), hérite en tant qu’aîné du titre de comte de Seneffe et de Turnhout. Il étudie à Paris, où il finit par s’installer définitivement tout en continuant à embellir le château de Seneffe dont il devient propriétaire en 1788. Homme d’affaires avisé, il fonde entre autres une banque internationale et s’enrichit considérablement. Il est connu aussi comme collectionneur de tableaux et d’objets d’art, il a acquis notamment les douze Fêtes vénitiennes de Guardi, dont la plupart sont entrées dans les collections du Louvre par saisies révolutionnaires.
Joseph Depestre est ruiné par la Révolution, et finit par fuir la France où il était resté au péril de sa vie pour tenter de sauver ses affaires, et gagner l’Italie. Ses biens sont confisqués. Il ne retrouve son château de Seneffe qu’en 1799, n’en étant plus que l’usufruitier, continuant à l’embellir, et à y accumuler des œuvres d’art, la plupart rapportées d’Italie.
Antoine Vestier quitte sa Bourgogne natale en 1759, soutenu par la famille de Chatellux qui a remarqué son talent. Sa première œuvre est une Ascension pour l’église Saint Julien d’Avallon. Le peintre s’est formé seul et il est nécessaire qu’il se trouve un maître à Paris. Il étudie dans l’atelier de Jean – Baptiste Pierre, mais se tourne très rapidement uniquement vers l’art du portrait. Il connait d’abord ses premiers succès comme miniaturiste et peintre sur émail, ainsi que pastelliste.
A l’époque les portraitistes en vogue sont Duplessis, et surtout Roslin qui travaille pour la cour. Ainsi que Greuze, que Vestier connait par les expositions, qu’il copie, et qui a une influence marquante sur l’œuvre du jeune peintre.
Bien que reçu tardivement à l’Académie, en 1786, Antoine Vestier se constitue rapidement une clientèle parmi la petite noblesse et la bourgeoisie, qui le connait par les œuvres qu’il expose au Salon de la correspondance.
La décennie 1782 – 1792, est celle de ses plus grands tableaux. La Révolution, avec une réduction importante de sa clientèle, porte un coup fatal à sa carrière.
En tant que portraitiste, Vestier s’attache à rendre l’individualité de son modèle, plutôt que de représenter une classe sociale. Seuls quelques accessoires bien choisis contribuent à le situer sans distraire le spectateur. La physionomie est réaliste. Le rendu des vêtements, l’attitude générale sobre, apportent une impression de grande élégance. Un de ses plus importante portrait qui marque le sommet de l’art de Vestier, est le Portrait du chevalier de Latude, peint en 1789 et conservé aujourd’hui au musée Carnavalet (voir A-M. Passez, Antoine Vestier, Paris, 1989, n° 83, reproduit). Nos deux portraits datés 1785 et 1787, appartiennent à cette période où Antoine Vestier est à son apogée.
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